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Nouvelle Rubrique ! Nos portraits de Valeureureuses

30 ans de journalisme, 9 livres et 5 enfants…

Ariane Bois, une valeureuse !


Fille d’une mère journaliste et d’un père médecin, passionnée par l’écriture, Ariane suit de brillantes études : hypokhâgne, Sciences Po à 17 ans et un DEA d’histoire contemporaine.

Elle profite de son installation aux Etats-Unis pour suivre son mari pour obtenir un master de journalisme à l’université de New-York.

Lors de ses années américaines, elle enchaine des expériences de journaliste radio et TV, mais son goût pour l’écriture ne s’y épanouit pas.

De retour en France, Ariane intègre la presse féminine comme grand reporter sur des questions sociétales. Elle y fait la rencontre inspirante de Paule Feuillet, créatrice du magazine Avantages. L’ambiance au journal est créative, avec une véritable ambition de donner une information de qualité. Pendant près de 30 ans, les reportages s’enchainent avec facilité et plaisir. En parallèle, Ariane écrit ses premiers romans ( en 2009, « et le jour pour eux sera comme la nuit » suivi par « le monde d’Hannah en 2011). Sa vie personnelle et professionnelle est apparemment comblée.

C’est sans compter les incidents de parcours professionnels qui impactent trop souvent la vie des femmes: un changement de direction et un tournant éditorial vers un contenu plus superficiel vont à l’encontre de ses convictions .

L’ambiance au journal se dégrade et son travail se trouve rapidement dévalorisé. Après un burn-out de plusieurs mois, elle est licenciée pour « faute lourde » à 53 ans…

Profondément attachée à son métier mais traumatisée par cette dernière expérience professionnelle qui lui a fait perdre confiance en ses compétences, elle vit douloureusement cette césure de carrière, d’autant que le marché de l’emploi n’est pas favorable à une reprise de parcours professionnel passé la cinquantaine pour les femmes.

Grâce aux encouragements de son mari et au soutien de sa famille, elle prend le risque de redevenir pleinement écrivaine .

Le pari était risqué mais bénéfique: les romans se succèdent avec fluidité et rencontrent l’adhésion du public et de ses pairs avec 9 prix littéraires obtenus pour ses 7 romans.

En parallèle, Ariane renoue avec le journalisme ( Psychologies magazine), propose des enquêtes sociétales pour le journal de Sciences Po, préside la commission culturelle de la Société des Gens de Lettres qui défend les droits des auteurs, édite même (un nouveau rôle) un recueil collectif de nouvelles sur les pêchés capitaux.

Ce qui finalement devait détruire la carrière d’Ariane l’a renforcée dans sa volonté d’être sur tous les fronts, de mener des projets ambitieux et de s’épanouir en tant que femme maîtresse de son destin.

Son licenciement a été jugé « sans cause réelle et sérieuse » par les Prud’hommes et cette victoire l’a rassurée sur sa valeur professionnelle. Le cauchemar est derrière elle, il a laissé place au bonheur d’être chez elle, à écrire à son rythme. En janvier est paru son dernier livre « l’amour au temps des éléphants »*, véritable plaidoyer pour le respect des animaux sauvages, un manifeste en parfaite harmonie avec une prise de conscience sur l’impact de l’Homme sur la nature.

Lorsqu’Ariane se penche sur la période douloureuse de son licenciement, elle recommande avec autant de

douceur que d’assurance de se fier à son intuition, de ne pas hésiter à demander de l’aide si on se sent remise en question professionnellement y compris à la médecine du travail.

Elle en appelle à la sororité et à l’entraide entre femmes qui lui ont tant manqué.

Chez Arcé-Avenir Femmes, nous reconnaissons dans ce parcours résilient, les qualités de courage et de combativité qui caractérisent notre génération et décernons à Ariane Bois, le titre mérité de Valeureuse !


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